mercredi 25 juin 2008

Jour 5, par Pierre Duquette


Regardez avec quoi ils attachent les chalets a cause des vents violents
Ancienne usine pour les baleines
Source thermale trouvée sur le bord de la route


Aujourd’hui nous avons donc passé une autre belle journée dans les Hornstrandir, les fjords de l’ouest. Nous avons constaté qu’il y avait autant de fermes abandonnées que d’habitées. Une résidente nous expliquait qu’aucun jeune Islandais ne revient dans les régions éloignées après les avoir quittées. Ça m’a fait penser à mon Abitibi chéri. Par contre, si on compare Preissac (petit village abitibien) à Drangnes (petit village des Hornstrandir), on pourrait dire que Preissac est une énorme métropole. Je crois qu’il n’y a pas plus de trente maisons dans ce coin de pays aussi vaste que l’île de Montréal. Les habitants s’exproprient eux-mêmes vers Reykjavik. Ils fuient les extrêmes. Car ici, dans les hauts fjords, tout est extrême : la solitude, l’éloignement, les paysages, les routes de graviers à flanc de montagne, les millions de moutons, les eaux bouillantes qui se jettent dans les eaux glacées; les volcans, les glaciers et j’en passe !
Aujourd’hui encore, j’ai réalisé l’un de mes objectifs. Nous avons gravi le mont Krossanesfjall afin d’y voir le Drangaskörd et la baie de Drangavik, là où Eirikr raudi (le rouge) Thorvaldsson est arrivé avec son père vers l’an 984. Il s’agit d'un promontoire rocheux en forme de mâchoire inférieure de Troll. C’était fou. Il faut noter qu’un Troll Islandais n'est pas un lutin ou une petite bête. Ce sont des monstres géants. On raconte que c’est à cause d’eux s’il y a autant d’îles dans les environs. Je m’explique. À chaque fois qu’un Troll sort de sa cachette dans la nuit afin de chercher le trouble aux humains, il doit obligatoirement retourner dans sa cachette au fond de la terre avant le lever du soleil. Sans quoi les rayons le pétrifient aussitôt. Il se transforme en roche. Toutes les îles sont donc des Trolls qui un jour ou l’autre ont voulu faire suer des pêcheurs en voulant couler leur bateau, ou leur chatouiller les orteils. Malheureusement pour eux, ils se sont fait surprendre par le levé du soleil. Et Pouf ! En rock !
En après midi nous sommes redescendus sur les abords d’une très large baie appelée : Húnaflói, jusqu’aux confins d’un grand fjord (Hrùtafjördur). Nous campons donc à Saeberg. Il vente à écorner les…boucs. Malgré le vent et le froid, je me suis prélassé dans un bain thermal extérieur. Jean avait trop froid pour venir… J’étais donc seul avec une petite bjòr viking de 500ml bien froide dans un somptueux décor donnant sur le fjord couvert de lourdes vagues, tels des moutons… à non pas encore des moutons… justes des vagues ! tourelou!

Peter D.

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